Bruxelles, 1960 · Sharm El-Sheikh · Bruxelles
Ce qui ne tue pas fait grandir.
Conférencier · Aventurier · Fondateur · Survivant
Né avec une main sans doigts. Orphelin de mère à 11 ans. Champion de karting. Survivant d'une attaque de crocodile dans l'Okavango. Traverseur du détroit de Gibraltar. Ruiné deux fois. Reconstruit deux fois.
Ce n'est pas une histoire de talent exceptionnel.
C'est une histoire de ce que la volonté humaine ordinaire peut survivre — et devenir.
Alain Brandeleer naît à la clinique Édith Cavell avec une particularité : le syndrome des brides amniotiques a laissé sa main gauche sans doigts. Ses parents, tous deux joueurs de tennis, l'élèvent sans jamais prononcer le mot "handicap" — seulement le mot "différence."
Il traverse l'enfance avec la main dans la poche — non pour se cacher, mais pour observer qui mérite qu'il se révèle. Il subit des dizaines d'opérations, endure l'immobilité et la douleur en silence. À 14 ans, il joue en double avec Ilie Nastase contre Jimmy Connors. Certaines limites ne sont pas permanentes. Elles attendent seulement qu'on cesse d'y croire.
Alain a 11 ans quand sa mère meurt d'un cancer. Elle était son ange gardien, sa protectrice la plus farouche. Debout derrière son cercueil, les mains dans les poches, il se dit : "Si Dieu a laissé faire ça, alors Dieu n'existe pas." Il ne pleure pas. Il se fige. Son monde se fissure.
Son père — courageux, atteint de sclérose en plaques — maintient la famille unie. Mais l'absence de sa mère laisse une blessure qui ne se refermera jamais vraiment. Chaque grande décision de sa vie sera prise sous une question silencieuse : "Est-ce que Maman serait fière de moi ?"
Ma maman m'avait appris qu'aucun obstacle n'est insurmontable.
L'adolescence frappe fort. Attiré trop tôt par le monde des adultes, perdu dans les nuits, en quête de lui-même. Son père lui arrange un apprentissage dans le tannage du cuir — en Angleterre, en Hollande, en Italie. Le monde du travail lui donne une direction. Il intègre l'entreprise familiale et ne regarde plus en arrière.
C'est aussi là qu'il découvre le golf, le karting — et l'océan. Il remportera le Championnat de Belgique de karting avec un plâtre sur la main droite cassée et une main gauche déficiente, pendant que ses adversaires tentent de le pousser hors de la piste.
Il construit une vie entière : un mariage, une famille, une carrière. Son fils Gary naît le 14 février 1985 — le jour de la Saint-Valentin. "Le plus beau cadeau d'amour." La paternité devient la plus grande chose qui lui soit jamais arrivée.
Sa femme Brigitte se bat contre le cancer pendant des années. Il reste à ses côtés jusqu'à son dernier souffle, en juillet 2010. Trois mois après sa mort, il plonge avec des grands requins blancs au large de Guadalupe. Il se reconstruit comme il sait le faire : en allant dans le grand bain.
Dans un chenal étroit du delta de l'Okavango, un large crocodile saisit le bras droit d'Alain. Il le fait tournoyer comme une poupée de chiffon, le projette hors de l'eau, le tire sous la surface. Son ami Steve Benjamin reste dans l'eau à ses côtés, refusant de le lâcher. Quand le crocodile le relâche enfin, Alain est inconscient, à peine en vie.
Quarante jours à l'hôpital de Johannesburg. Des dizaines de fractures. Les médecins parlent d'amputation. Il dit à l'anesthésiste : "Si vous devez amputer, laissez-moi sous anesthésie. Regardez ma main gauche — vous comprendrez pourquoi je ne peux pas vivre sans la droite."
Ils sauvent le bras. Et c'est là, pour la première fois, qu'Alain regarde vraiment sa main gauche — celle qu'il avait passé toute sa vie à ignorer — et ressent de la gratitude pour elle.
Si tu le fais seulement pour toi, tu n'y arriveras pas. Il te faut une cause plus grande que ta douleur.
Après des mois de chirurgies et de rééducation, Alain décide de traverser la Manche. Son mentor Henri Suetens lui dit : "Si tu le fais seulement pour toi, tu n'y arriveras pas. Il te faut une cause plus grande que ta douleur."
Des complications le forcent à se réorienter. Le 19 août 2015, Alain traverse le détroit de Gibraltar en 3 heures et 56 minutes — passant d'Europe en Afrique, d'un océan à l'autre — au profit de La Tête hors de l'Eau, son association soutenant les enfants nés avec des différences aux membres et leurs familles.
Sur le rivage se trouvait Miguelito — un enfant portant la même condition qu'Alain à la naissance, rencontré trois ans plus tôt sur une plage d'Espagne. Cet échange de regards l'a porté jusqu'à l'autre rive.
Au sommet de son engagement philanthropique, Alain est trompé par un ami d'enfance qui fabrique la participation d'un champion de tennis de renommée mondiale pour un grand événement caritatif. Alain a déjà engagé des ressources considérables. L'événement s'effondre. Les dettes suivent. Son appartement est vendu. Il n'a plus rien.
Il quitte Bruxelles pour l'Égypte.
Le crocodile, ce n'était rien. Le crocodile n'était pas un ami.
En janvier 2019, Alain arrive à Sharm El-Sheikh avec presque rien. Pendant des mois, il vit comme un fantôme — rattaché à Bruxelles par des dettes non résolues et des blessures non traitées. Lentement, le soleil, le désert et la mer Rouge le ramènent à lui-même. Il reconstruit son foyer de zéro. Il se reconstruit lui-même.
Pendant le COVID-19, il lance You Care We Care — une initiative citoyenne où des particuliers donnent leurs maisons de vacances aux soignants épuisés. 460 semaines de repos offertes au personnel médical belge. Il dirige tout depuis les coulisses.
Puis vient le moment le plus sombre. Seul, ruiné, isolé par la pandémie, il envisage de nager au large et de ne jamais revenir. C'est l'image de son fils Gary qui l'arrête. Il se lève, se rase, s'habille, et choisit la vie.
J'ai failli me noyer pour éviter de me noyer.
Alain se reconstruit. Il retrouve l'amour — Caroline, une femme élégante et ancrée qui plonge dans son monde à bras ouverts, littéralement : elle traversera avec lui le détroit Corse-Sardaigne. Il devient grand-père.
À 65 ans, il traverse le canal entre Ibiza et Formentera — 23 km — pour soutenir Ocean Cleanup. Non pas pour se prouver quelque chose. Pour la première fois : juste pour la cause.
Il partage aujourd'hui son temps entre Sharm El-Sheikh et la Belgique. Il guide des personnes à travers le désert, partage ses océans, raconte son histoire. Et il est prêt à la raconter depuis des scènes.
Né incomplet selon les standards du monde. Comment transformer une limite physique en philosophie de vie — et ce que cela enseigne sur l'identité, la résilience, et la force discrète.
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— Alain Brandeleer
Le crocodile, ce n'était rien. Le crocodile n'était pas un ami.
— Alain Brandeleer, sur la trahison
Ma maman m'avait appris qu'aucun obstacle n'est insurmontable.
— Alain Brandeleer
J'ai failli me noyer pour éviter de me noyer.
— Alain Brandeleer, sur la période COVID
Regarder Alain en conférence
Pour des conférences, interviews et partenariats. Alain intervient en français et en anglais auprès d'audiences corporatives, médicales, scolaires et philanthropiques, en Belgique, en France, en Suisse et au-delà.